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La laïcité en Europe : trois cas, Pologne, Belgique, France
En introduction aux travaux du Groupe de Réflexion de l’IDERNE sur « La laïcité en Europe », découvrez cette analyse portant sur trois pays de l’espace européen.
Pourquoi, tout d’abord, cet ordre ? Tout simplement parce qu’il correspond, assez représentativement aux trois manières, dont la laïcité est perçue, sinon vécue en Europe ou plus exactement aux trois états actuels de la laïcité en Europe, c’est-à-dire dans la seule partie du monde, si l’on excepte dans une certaine mesure le Mexique, où elle a véritablement été mise en œuvre, après avoir mûri pendant des siècles, et où elle est actuellement sous le feu de véritables tirs croisés venus d’horizons divers, mais particulièrement d’Italie et de Pologne. La Pologne, dans ce schéma, représente les Etats plus ou moins confessionnels, caractérisés par l’ingérence du religieux dans le politique et le social, la Belgique les pays où une « activité associative non confessionnelle bien structurée assure la défense de la laïcité politique et philosophique », comme le dit Pierre Galand, et la France, les Etats vivant sous un régime de laïcité constitutionnelle. Mais bien entendu, tout débat sur la question suppose, en préalable, une réflexion sur ce qu’est la laïcité, et cela marque d’emblée les limites de cet exposé, puisqu’il ne s’agit de rien moins que de ce qui fait l’objet du travail de la commission elle-même, tel que cet exposé, en fait, se donne pour objet de le mettre sur les rails, en proposant quelques approches, parmi, bien entendu de très nombreuses autres.
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Respect de la liberté absolue conscience
Grand Orient de France
Fédération Française du Droit Humain
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Mixte de France
Les Francs Maçons et Francs Maçonnes sont soucieux du respect de la Liberté absolue de
conscience. Ils observent que le Conseil des Droits de l’Homme de l’O.N.U. est l’objet de très
fortes pressions de la part des États dont les institutions ne comportent pas de séparation entre
les églises et l’État pour parvenir à restreindre un droit imprescriptible dans toute démocratie :
le droit de s’exprimer librement et sur tout sujet !
La France, pays où la Révolution de 1789 a donné naissance à la Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen ; où la loi du 31 juillet 1881 a défini le concept et les conditions
d’application de Liberté d’expression et de la presse ; où la Loi du 9 décembre 1905 à défini
les conditions de la Liberté de conscience et de la Laïcité, ne peut accepter qu’un système de
penser, qu’une religion s’érige au dessus des lois de la République.
En démocratie, la Liberté de penser et d’exprimer sa pensée est réelle et ne comporte que les
limites du trouble à l’ordre public. Partant, et hors de ce cadre, il ne peut pas être porté atteinte
à la liberté d’expression, qu’elle soit littéraire, artistique, et quel qu’en soit le support.
Le respect des religions, comme de tout ensemble de penser est un dû pour chaque citoyen,
dès lors que leurs expressions publiques ne constituent pas elles-mêmes un trouble à l’ordre
public !
C’est ainsi que le concept de « diffamation des religions », pourrait s’opposer à la liberté
d’expression. Ce serait inacceptable. La liberté d’expression est un droit fondamental dans nos
institutions républicaines.
Nul système de penser, nulle partie constitutive de la Nation ne peut se prévaloir d’aucune
préséance pour se soustraire aux obligations de la Loi républicaine ou pour en réduire la
portée.
En droit, national et international, la « diffamation » ne peut concerner que les personnes, pas
les systèmes de penser et encore moins les religions !
Les Francs Maçons et Francs Maçonnes demandent aux autorités de l’État de conforter la voix
de la France dans le sens du respect du principe de séparation des églises et des États.
Quelle place pour les Religions et de leurs leaders dans l’espace Public européen ?
Poser la question du rôle des religions au sein d’une culture de paix en Europe, ou même celle de la place des leaders et des communautés religieuses dans le débat public entraîne d’abord à s’interroger sur l’histoire du fait religieux en Europe au XXème siècle aussi bien qu’au début de ce XXIème siècle.
Le fait marquant de la relation entre l’état et les religions en France, tout au moins, au début du XXème siècle est l’instauration de la laïcité comprise non comme arme contre le fait religieux mais comme reconnaissance de la croyance, sous toutes ses formes moralement admissibles, dans le strict cadre de la sphère du privé et du subjectif à laquelle elle appartient naturellement – car qu’y a-t-il d’objectif dans un acte de foi ? – et sans que cela ne porte atteinte à la souveraineté nationale, européenne ou encore aux droits les plus élémentaires de la personne humaine tels qu’ils ont été rappelés dans la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée après la seconde guerre mondiale par la communauté des nations.